Vers le Soleil levant – III

Tokyo côté geek et l’île d’Odaiba

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** geek – (mot anglo-américain signifiant fou de) – fan d’informatique, de science-fiction, de jeux vidéo, etc., toujours à l’affût des nouveautés et des améliorations à apporter aux technologies numériques. (Dictionnaire « Larousse » en ligne)

Le Japon est le paradis sur terre pour tous les amateurs de manga (BDs japonaises), animé (dessins animés japonais) et jeux vidéo. Tout comme pour les collectionneurs de tout ce que vous pouvez imaginer, avec vos personnages préférés. Et pas seulement japonais.

Les enfants dans notre for intérieur (et oui, malgré les cheveux blancs de certains d’entre nous, nous sommes restés plus ou moins enfants) sen sont donnés à coeur joie pendant les deux semaines de notre séjour. Et pas seulement à cause des figurines, livres, cartes, t-shirts, chaussettes, porte-clés et tout le reste que nous avons pu voir ou acheter, mais aussi parce que nous avons pu voir « en vrai » des endroits que nous ne connaissions qu’à travers l’écran ou les mangas. L’immersion, ne serait-ce qu’un peu dans ce monde été un plaisir !

L’escalier de « Your Name »

Commencer son voyage au Japon avec la visite d’un… escalier. Pas très logique, mais tellement en accord avec nos centres d’intérêt.

« Your Name » est un long métrage animé du réalisateur Makoto Shinkai, sorti en 2016. Cet anime fantasy romantique raconte l’histoire d’un garçon et d’une fille qui ne se connaissent pas et qui, du jour au lendemain, se retrouvent dans la peau de l’autre quelques jours par semaine ! On peut ainsi suivre leurs aventures, leur amitié et peut-être plus ?! A un moment de l’histoire (je ne dirais pas lequel, je vous laisse le découvrir en regardant le film), les deux personnages se croisent dans un escalier à Tokyo. Et cet escalier existe bel et bien ! Comme nous aimons beaucoup ce film, c’est aussi l’endroit par lequel nous avons débuté nos visites à Tokyo. Après la sortie, et la montée en popularité, de cet anime, cet escalier est maintenant bien connu parmi les fans, et il est donc fort probable que vous ne serez pas seul à vouloir vous faire prendre en photos ici. Juste à côté de l’escalier se trouve un temple que les non-fans de « Your Name. » pourront visiter pendant que vous faites la queue pour la photo souvenir.

D’ailleurs, pas très loin de l’escalier se trouve un passage surélevé, visible aussi dans l’anime mais nous ne nous y sommes pas rendus.

Le sanctuaire Kanda Myojin

Vous allez sans doute vous demander ce qu’il y a de geek dans un sanctuaire shintoïste ?! Laissez-moi vous narrez son histoire et vous comprendrez vite. Ce sanctuaire a été construit en 730 dans un tout autre quartier et a été déplacé une première fois en 1601. Puis une deuxième fois à son emplacement actuel en 1616. Il est dédié à trois divinités : Daikokuten (la déité de la fortune, de la famille et la fertilité), Ebisu (la déité des pêcheurs et de la richesse) et au seigneur féodal du Xème siècle, Taira no Masakado (qui sera plus tard par la suite déifié par une partie de la population).

Le sanctuaire se trouve dans le quartier de Akihabara où sont concentrés beaucoup de magasins de high-tech, jeux vidéo et autres produits dérivés des mangas et animés. Il est très populaire parmi les employés des bureaux et des magasins alentours. Il y a une vingtaine d’années environ, des dessins rappelant le style manga commencèrent à surgir sur les tablettes des prières en bois (« ema ») qu’accrochent les croyants dans ce sanctuaire. Cette tendance s’est amplifiée et maintenant presque toutes les tablettes comportent des dessins (réalisés avec plus ou moins de talent).

Le quartier d’Akihabara

C’est LA Mecque pour tous les amateurs de technologie, ordinateurs, jeux vidéo, manga, figurines et produits dérivés. Imaginez plusieurs longues rues bordées de magasins de toutes les tailles : de petites échoppes avec un seul vendeur, jusqu’à des centres commerciaux de quelques étages, avec des enseignes lumineuses qui brillent de mille feux et des images de toutes les couleurs qui débordent de tentations (pour ceux qui aiment ce genre de produits). Sans oublier les centres de jeux d’arcades sur plusieurs niveaux : des machines avec des pinces pour attraper votre cadeau (UFO Catcher), des jeux électroniques brillants et bruyants, de tout type et pour tous les âges. L’accès est libre et vous avez seulement besoin de (beaucoup) de pièces de 100 yen ! Je ne pourrais pas vous décrire le vacarme à chaque nouvel étage, provenant soit des jeux, soit des spectateurs, soit des joueurs. Clochette a tenté une partie, avec le personnage de son manga préféré… en japonais et sans connaître les règles ! Elle n’a pas tenu plus que quelques minutes contre ses adversaires, mais l’important c’est de participer, n’est-ce pas ?

Comme nous n’avons pas pu aller dans tous les magasins, il a bien fallu faire des choix : nous nous sommes rendus chez Animate (chaîne dédiée aux mangas, animes et tous les produits dérivés), non seulement à Tokyo, mais aussi à Hiroshima et Osaka. Nous sommes allés dans quelques autres magasins, dont j’avoue, je ne me souviens pas les noms. Et comme centre de jeux d’arcades, vous ne pouvez pas passer à côté de Taito Station : ils sont partout et visibles de loin avec leur logo rouge. Le plus grand est à Akihabara, justement là où nous nous sommes rendus.

Gashapon – les jouets en capsules

Ici, j’ouvre une parenthèse pour vous parler de distributeurs automatiques bien particuliers : ceux des jouets en capsules. Ce sont les « gashapon » : des machines dans lesquelles vous mettez quelques pièces, tournez la manette et vous récupérez une capsule avec un jouet surprise dedans. Les jouets sont souvent des mini-figurines, porte-clés, pince à papier, magnet et sont tous sur le même thème dans chaque machine. Le but (pour le fabriquant !) étant, bien sûr que vous dépensiez le plus d’argent possible pour acquérir tous les jouets de la série. Les thèmes des jouets dans les machines sont divers : manga, animé, superhéros, chanteurs, acteurs, nourriture, monuments… jusqu’à l’infini ! Les gashapons sont créés dans les années 60 par la compagnie de jouets Bandai et de nos jours les distributeurs jouissent d’une immense popularité et sont littéralement partout : dans les magasins ; dans la rue, à côté des monuments, dans les enseignes qui leurs sont dédiées. J’avoue que nous aussi avons cédé (à plusieurs reprises) à la tentation. Le résultat est que maintenant Clochette a plus de figurines que de clés sur son porte-clés et moi j’attache le papier brouillon pour le boulot avec une pince à l’effigie d’une version animé d’un chanteur de boys band.

Maid Café At Home

Je commence avec ce paragraphe avec un avertissement : les maid cafés sont une institution assez particulière et offrent une expérience atypique qui pourrait ne pas être du goût de tout le monde.

Ce sont des cafés où les serveuses sont habillées en femmes de chambre/soubrettes à la française (french maids) mais avec l’idée de s’approcher au maximum des personnages de mangas ou d’anime. Les costumes sont exagérés, avec des jupons à frou-frous sous les jupes courtes, de longues chaussettes, de nattes et/ou des accessoires dans les cheveux : rubans, diadèmes, ou même des oreilles de chat. Les filles sont très jeunes (pas plus de 22-25 ans), douces et très jolies. Leur image et toute leur attitude doit rappeler le « code » du « mignon » (kawaï) : joli, sympa, un peu naïf et à la limite, enfantin sans le côté séducteur. Elles vous accueillent, vous installent, discutent un peu avec vous et vous ramènent les boissons ou les plats. Leur voix sont haut perchées et leur attitude est parfois exagérée. Leur comportement est très expressif et enthousiaste, justement pour coller à l’image du personnage féminin « kawaï » des mangas. Leur rôle est de s’occuper des clients, d’échanger quelques mots avec eux et de se faire prendre en photo avec eux, sans aller plus loin. Bien sûr, j’imagine qu’il y aura des personnes indélicates qui tenterait quelque chose de plus, mais heureusement, ce n’est pas le but de tous les clients des Maid Cafés (au moins, je l’espère).

J’avoue que j’ai beaucoup hésité avant d’inclure ce genre d’amusement dans notre voyage familial mais après en avoir discuté, nous avons décidé de tenter l’expérience.

Aussitôt dit, aussitôt fait ! Quelques jours plus tard, nous avions une réservation chez Maid Café At Home dans le quartier d’Akihabara. Vous avez le choix entre plusieurs options de menu (boisson, nourriture, type de photos, etc…), les prix variant suivant vos choix. J’ai choisi l’option presque de base, avec les frais d’entrée, une boisson, un dessert ou un milk-shake et une photo avec une des maids présentes le jour de notre visite, le tout pendant une heure. Une fois arrivés dans la salle, nous avons pris place à une table en rangée. Les tables sont à plusieurs niveaux, comme dans un amphithéâtre, face à la scène où les visiteurs sont appelés pour prendre des photos avec les maids (soyez prévenus, surtout si vous êtes plutôt du genre timide). D’ailleurs, il y avait tous types de clients dans la salle : des jeunes hommes, des couples, des groupes d’ami(e)s qui fêtaient leurs anniversaires, mais aussi des touristes comme nous.

Une maid est venue nous voir pour nous expliquer en anglais et avec un beau sourire les règles de la maison. Heureusement que je les avais lues avant, la compréhension n’étant pas facile avec le bruit présent dans la salle. La maid nous a demandé d’où nous venions et s’est extasiée à la mention de Paris. Nous avons essayé de lui répondre dans le même registre, mais avec beaucoup moins de grâce et spontanéité. Ensuite nous avons choisi nos boissons (du matcha latte pour moi) et nos milk-shakes. J’ai même eu le droit à un dessin kawaï sur mon latte (un lapin). Les milk-shakes avaient l’air de contenir suffisamment de calories pour nous faire marcher pendant quelques jours, mais, étonnamment, ils n’étaient pas très sucrés et lourds, ce qui était plutôt bien. Peu de temps après « notre » maid est revenue avec un catalogue des photos de toutes les filles présentes ce jour pour que nous choisissions la personne avec laquelle faire nos photos. Je lui ai répondu que nous serions très contents de prendre nos photos avec elle et tout le monde fut heureux. Nous avons été appelés sur la scène, nous avons pris nos photos en prenant des poses mignonnes (faire le cœur avec les mains, les mains sous le menton ou serrées en poing à côté du visage) et une quinzaine de minutes plus tard, nous étions prêts à entamer la prochaine étape de notre aventure japonaise.

Le bilan : pour moi, en tant que femme blanche d’un certain âge qui a grandi en Europe et qui évolue depuis une vingtaine d’années dans le milieu corporatif anglo-saxon, l’expérience de voir une jeune fille habillée en domestique m’appeler « princesse » et me dire qu’elle est là pour me servir, ou de choisir une fille sur catalogue pour prendre une photo, était assez déroutante et m’a sortie de ma zone de confort. Mais les filles dans le café étaient tellement gentilles et accueillantes qu’elles ont su rendre l’expérience beaucoup moins inconfortable que je ne l’eu pensé. Je ne regrette pas de l’avoir vécu, mais je ne le répéterais pas.

L’horloge Ghibli

Ou Nittere Ohdokei de son vrai nom, est une horloge animée sur la façade d’immeuble de la chaîne de télévision NTV (Nippon Television Network Corporation) dans le quartier de Shiodome. Elle a été construite selon le design de Hayao Myazaki, un des fondateurs du studio Ghibli et réalisateur très connu d’animes tel que « Mon voisin Totoro », « Le château ambulant », « Le voyage de Chihiro », « Princesse Mononoké » ou encore « Nausicaa de la vallée du vent ». Des films beaux, poétiques et humains.

L’horloge a été inaugurée en 2006 et son design rappelle les dessins et l’atmosphère du film « Le château ambulant » du réalisateur. J’avais lu qu’elle était grande, mais je ne m’attendais pas à voir une sculpture géante de 12 mètres sur 18. Sur des pieds de poule ! Et à des heures prédéfinis, les automates qui y sont installés, prennent vie.

Je recommande d’y faire un saut si vous aimez le monde de Myazaki. Sinon, le quartier autour est surtout composé de « gratte-ciels » de bureaux et n’a pas d’intérêt particulier.

Le quartier de Harajuku

C’est l’endroit de la mode pour les jeunes et du cosplay, parfois excentrique et frôlant les limites du bon goût (selon les standards européens). La rue Takeshita et les ruelles autour sont colorées, bruyantes et remplies de magasins de vêtements et accessoires divers et variés, de salons de coiffure et cafés. Ici, vous pouvez croiser des jeunes gens en uniforme scolaire, en tenue classique et simple ou portant un style unique, coloré et excentrique. Au même endroit !

JoJo Style Bar DIO à Nakano

En Europe, les restaurants, les salons de coiffure et tous les autres commerces se trouvent habituellement au rez-de-chaussée. Au Japon, ils peuvent être à tous les étages d’un bâtiment : du sou-sol au toit ! Ne l’oubliez surtout pas lorsque vous chercher un restaurant à une adresse donnée et que vous ne le trouvez pas.

Dans la ville de Nakano, en banlieue de Tokyo, au troisième étage d’un petit immeuble, derrière une porte avec un cercueil dessiné dessus, se trouve un tout petit bar dédié au manga et à l’anime JoJo’s Bizarre Adventure. Le bar à la taille d’un studio, avec pas plus de 3-4 tables et quelques chaises au comptoir. La réservation se fait via X (anciennement Twitter), le barman ne parle presque pas anglais et le menu des cocktails est plein de références aux mangas mais sans aucune description. A ce jour, je ne sais toujours pas ce que nous y avons consommé ! Mais la déco en jette ! Une foison de figurines, manga, objets de l’univers de JoJo, avec en plus, toutes les séries de l’animé sur la télé. En japonais. Immersion totale ! Ça vaut le détour si vous êtes fans. J’avais cherché ce bar car JoJo’s Bizarre Adventure est le manga/animé préféré de ma fille et je voulais lui faire plaisir (je pense que j’ai réussi). Si vous cherchez juste un endroit pour boire un verre, ce n’est pas la peine de faire le chemin jusqu’à là-bas, sachant que pour aller à Nakano, il faut prendre un train régional pendant une trentaine de minutes.

Le musée TeamLab Planets

Ce musée interactif, ainsi que les attractions suivantes, se trouve dans le quartier d’Odaiba. Ou plutôt, devrais-je dire sur le quartier d’Odaiba. Odaiba est une série d’îles artificielles dont la construction a commencé à la fin de la période d’Edo (1603-1868) dans le but de protéger Tokyo d’une invasion par la mer. A la fin des années 1990, le quartier devient une destination populaire pour les sorties et le shopping. La connexion avec la ville se fait via plusieurs ponts et une ligne de train automatisée, appelée Urikamome. Comme les trains sont sans conducteur, vous pouvez vous asseoir à l’avant et avoir une vue « conducteur » de train. Ce que nous avons fait, mais en nous asseyant tout derrière et nous avons conduit le train. Dans l’autre sens !

Odaiba

Le musée TeamLab Planets est un musée interactif mais pas tout à fait un musée dans le sens classique du terme. Il n’a pas d’exposition permanente, avec des tableaux ou sculptures, mais présente des expériences sensorielles, dont certaines demandent une participation de la part du public. Les visiteurs sont priés de se mettre pieds nus, pour augmenter la sensation lors de la visite de chaque salle : par exemple, une des œuvres se vit en marchant dans de l’eau tiède jusqu’aux genoux, avec des projections d’images de carpes koï dont les mouvements sont gérés par ordinateur selon le nombre et la direction des mouvements des visiteurs dans la salle. Parmi toutes les installations, ma préférence va ç une salle dont le plancher est composé de miroirs et les murs et plafond sont couverts d’écrans sur lesquels sont projetées des images de fleurs tourbillonnants et tombants, accompagnés de musique douce et relaxante. Le but recherché ici étant d’avoir la sensation de flotter à travers un nuage de pétales (de cerisiers). Je me suis allongée par terre et j’aurais pu y rester pendant des heures !

L’attraction « L’attaque des Titans » à Tokyo Joypolis

Imaginez un centre commercial de manèges, jeux d’arcades, attractions et cafés pour tous les âges et sur plusieurs étages et vous aurez une petite idée de ce qu’est le Tokyo Joypolis. Vous pourriez facilement y passer la journée, à condition d’avoir le budget en conséquence (et d’apprécier ce genre d’amusement, cela va sans dire). Comme « L’attaque des Titans » fait partie des mangas/animes préférés de la famille, j’avais prévu de les amener dans une attraction interactive thématique. L’idée est de vous immerger dans l’atmosphère de la série en prétendant faire partie de volontaires s’engageant dans un bataillon et vous êtes formés par des « instructeurs » (en japonais, bien sûr). C’est votre premier jour lorsqu’une attaque de titans a lieu et vous devez réussir à en sortir indemnes. Les murs tremblent, le plancher s’incline dangereusement, le tonnerre gronde et des titans vous regardent à travers les fenêtres. Alerte spoilers : nous avons réussi à en sortir indemnes ! Et contents.

La statue de Gundam Unicorn

Gundam est un anime militaire qui se passe dans l’espace et dont les personnages principaux sont des robots immenses conduits par des humains. La série devient très populaire durant les années 1980 et cet engouement dure toujours. Ces robots imaginaires ont même quelques statues (bien réelles et monumentales !) à travers le Japon, dont une, le Gundam Unicorn, se trouve à l’entrée du centre commercial DiverCity à Odaiba. Bien sûr, nous sommes allés le voir et faire quelques photos, avant de continuer vers le front d’eau et la dernière étape de la journée.

Le pont Arc-en-ciel – Rainbow Bridge

Ce pont à deux étages relie l’île d’Odaiba à la ville de Tokyo et, au fil de temps, il est devenu un des symboles d’Odaiba. Le pont est très joli au crépuscule et la nuit quand il est entièrement illuminé. Et de côté d’Odaiba, vous avez également une vue magnifique sur Tokyo et, plus particulièrement, les tours Tokyo Tower et Tokyo Skytree, respectivement, à gauche et à droite du pont. Et si vous voulez profiter pleinement de la vue nocturne, vous pouvez retourner vers la ville en prenant un bateau sur la rivière Sumida. Ce que nous avons fait : d’Odaiba à notre hôtel à Asakusa, en passant sous les ponts éclairés et en admirant les lumières de Tokyo.

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